Les chroniques de Maurice :

 

Mon marathon
de La Rochelle
(26 novembre 2006)
 

 

par Maurice BEAUVALLET, décembre 2006

 
     C'est sous un soleil exceptionnel et une météo printanière que s'est déroulé ce 16ème marathon de La Rochelle, classé avec ses 8090 inscrits au top 3 des marathons français, juste derrière celui du Médoc et celui de Paris. Son parcours, tracé en forme de grand huit à faire deux fois, nous a fait découvrir la vieille ville, le vieux port, les bords de mer, avec une arrivée somptueuse entre les deux tours du port. Une organisation sans faille avec ses 1100 bénévoles qui nous ont pris en main dès la ligne d'arrivée, où tous les coureurs ont reçu un superbe coupe-vent, ainsi que la traditionnelle bourriche d'huîtres.

     Dimanche matin, je prends le départ dans le troisième sas. Devant moi un ruban de plus de 2000 coureurs s'allonge dans les rues étroites de La Rochelle. Un énorme bouchon se forme, mais nous le prenons tous avec philosophie et la bonne humeur est déjà installée dans la course. Dès le début je ne parviens pas à prendre le rythme que je m'étais fixé, à savoir 4' 40" au kilomètre. Bloqué dans cette marée humaine, je zigzague entre les coureurs et joue à l'élastique. Je préfère donc rester au calme et attendre que la course se décante. Au 8ème kilomètre et le meneur d'allure (ballon rouge) des 3h 30. Ensuite les routes au nord de La Rochelle devenant plus larges, je m'intègre dans un petit groupe et commence doucement une remontée. Au kilomètre 25 je rejoins le peloton et le meneur d'allure des 3h 15 (ballon violet) que je vais suivre quelques temps, car nous sommes une centaine d'unités derrière ce ballon, ça se bouscule, et l'allure n'est pas toujours régulière. Km 30, suite à l'absorption d'un gel énergétique que je prenais pour la première fois sans l'avoir testé auparavant (erreur de marathonien), je suis pris par de violents maux d'estomac qui me cisaillent le corps et les jambes. Pendant deux kilomètres, ça va être la galère totale, mais pas question de s'arrêter. Le ravitaillement du 35ème kilomètre sera le bien venu, je reprends du solide : sucre et eau et je vais retrouver très vite de meilleures sensations. Les derniers kilomètres seront un souvenir inoubliable, quelque chose que je n'ai encore jamais vécu en course. De chaque côté de la route, des milliers de spectateurs massés sur plusieurs rangs, crient, applaudissent, agitent des ballons. Médusés, les coureurs ont du mal à se frayer un chemin, on se serait vraiment cru à l'arrivée en montagne d'une étape mythique du tour de France. Sur notre dossard, nous avons notre prénom et notre nom marqués en gros. Combien de fois on m'a crié : "Allez ! Allez Maurice ! ... Vas-y Maurice ! ..." Dans ces moments là, on ne pense même plus à la course, porté par ce public extraordinaire, on est tout simplement fier d'avoir la chance de courir. Dernier virage à gauche entre les deux tours du vieux port, sur les pavés, le tapis bleu de l'arrivée est déployé, encore 150m, et toujours ce plus en plus fou, tassé derrière les grilles de sécurité, le speaker qui commente dans son micro chaque arrivée, les photographes agenouillés qui nous mitraillent de photos... Magnifique, ce marathon mérite d'être couru et restera un souvenir et un événement incontournable de la course à pied.

     > Merci à toutes les personnes qui, une nouvelle fois, m'ont aidé à boucler mon huitième marathon, et je voudrais tout simplement dédier ce marathon à Annabelle que je connais très peu, juste par ses sourires sur les photos du site de la Sepab. Je lui souhaite son retour parmi nous, et de pouvoir vivre à nouveau avec sa famille, ses amis, une de ses passions : l'athlé, ainsi que des moments aussi forts et intenses que ceux que j'ai vécus sur ce marathon de La Rochelle.

Maurice B.

Résultats :
     - Classement scratch : 1147ème sur 6653 classés
     - Classement V1H : 522ème sur 2495 classés, les 42,195km en 3h 21min 10s.

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